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Dans la merveilleuse région montagneuse de Lijiang, dans le nord ouest de la province du Yunnan sous les contreforts du massif himalayen,
vit une dizaine de vieux sages, les derniers chamans Dongba.
Appartenant à la minorité Naxi, un petit groupe ethnique d’environ 300 000 âmes,
ces prêtres Dongba, sont à la fois sorciers, docteurs érudits et artistes. Depuis plus de 1 000 ans, à travers la religion Dongba,
ils sont les passeurs et les seuls détenteurs de la culture Dongba. Considérés comme les intermédiaires entre les humains et les dieux,
ils doivent être capables d’assurer correctement les rituels et les cérémonies divinatoires ainsi que leurs devoirs de guérison.
Leur érudition est complète et s’applique à toutes les formes
d’expression issues de la culture Naxi : la danse, la peinture, la musique et l’écriture,
composée de pictogrammes utilisés pour la rédaction des canons Dongba. Ces écrits décrivent la religion, l’histoire, la culture, la politique
et l’économie des Naxi organisés en société matriarcale. Ils expriment également le concept de vie de cette ethnie, basé sur la coexistence
harmonieuse entre l’homme et la nature.
Cette culture unique et extrêmement riche est aujourd’hui menacée de disparition.
Les derniers chamans sont vieux et la relève quasi inexistante. Si de
rares jeunes choisissent de devenir chamans,
il leur faut du temps avant qu’ils puissent embrasser la totalité du savoir chamanique.
A l’initiative du chercheur
austro-américain le Dr. Joseph Rock qui commença ses travaux dès 1928, beaucoup de textes ont été traduits. Mais la tâche reste
considérable car la traduction des canons est un exercice lent et compliqué. L’écriture qui dénombre environ 1 600 pictogrammes
ne peut rendre qu’une retranscription très elliptique d’un récit mythologique. Le texte doit donc être accompagné d’une explication
pour qu’il soit bien compris. Le chaman doit d’abord

traduire le texte en langue axi, en l’expliquant parfois longuement puis en
chinois ou en anglais avec l’aide d’un spécialiste. Sans ce savoir ancestral, un
chaman novice fera des contresens en ne prenant
que quelques minutes pour expliquer le même passage.
Parallèlement à ce travail de traduction, un effort d’archivage et de conservation
est mis en œuvre depuis de nombreuses années. Les textes des canons, comme l’ensemble de la culture
Dongba sont inscrits au patrimoine
mondial de l’Unesco depuis 2003 et l’on recense aujourd’hui plus de 30 000 volumes conservés aux quatre coins du monde,
les deux tiers se trouvant en Chine, notamment au musée Dongba de Lijiang.
Aller à la rencontre du peuple Naxi qui entretient
depuis longtemps une amitié avec
les tibétains est un bon prétexte pour découvrir la vieille ville de Lijiang. Située au pied
de la montagne du Dragon de Jade et sur l’ancienne route du thé qui mène vers le Tibet, elle enchante par le charme de ses maisons
extrêmement bien restaurées, par ses canaux et par ses habitants chaleureux qui donnent envie d’y rester plusieurs jours.
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Cette
page a été réalisée grâce au concours de Natalie du Sorbier, une
voyageuse tombée amoureuse de la région de Lijiang, invitée par
des artistes Naxi à découvrir leur art imprégné de la culture
Dongba.
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