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Depuis des décennies, le désert avance en Chine. Chaque année, les vents transportent des tonnes de sable depuis la Mongolie Intérieure jusqu’aux portes de Pékin. Dans cette partie du pays, autrefois verte et boisée, le sable a tout asséché. Dans les villages peu à peu ensablés, ne subsistent plus que quelques abricotiers. Les efforts entrepris pour endiguer le phénomène ont été vains : une muraille verte plantée dans le nord de la Chine n’a pas reçu assez d’eau pour pousser. Même la plantation d’une steppe a priori plus adaptée au climat n’a pas tenu.
Un aspect positif inattendu, des paysages étonnants se sont formés. Certains villageois en ont fait un atout, comme dans la région de
Longbao Shan, à 90 kilomètres au nord-ouest de Pékin, où le petit désert de Tianmo « le désert céleste » attire les touristes pékinois qui en moins de deux heures se retrouvent dans un univers aux allures de désert saharien. Deux dunes de 300 et 1000 mètres de long et de 30 mètres de haut permettent de faire des balades à cheval ou à dos de chameau, du ski de sable ou des courses de 4X4. Un décor parfait utilisé pour le tournage de nombreux films. C’est aussi un point de vue remarquable sur le réservoir de Guanting et ses éoliennes, les montagnes alentour, et plus loin le désert de Gobi et les prairies du Kangxi.
En continuant quelques dizaines de kilomètres vers le nord-ouest, toujours dans le Hebei, l’ancien relais de poste impérial de Ji Ming Yi, le plus ancien et le plus important de Chine, est une étape intéressante sur la route vers Datong. Dans sa période la plus prospère, ce
village était un point de passage obligé entre Pékin et l’ouest de la Chine vers des contrées plus lointaines. S’y retrouvaient marchands, voyageurs, paysans. L’impératrice Cixi y fit une halte lors de sa fuite hors de Pékin. Aujourd’hui Ji Ming Yi est une petite bourgade relativement bien conservée dont les épais remparts, les temples et les maisons anciennes font l’objet d’un programme de restauration entrepris par la Province du Hebei en coordination
avec l’université de Tsinghua.
Toujours dans le Hebei, mais à 150 kilomètres au sud-ouest de Pékin, les tombes du Prince Liu Sheng, frère de l’empereur Han Wudi (157-87 av. JC) et de son épouse Dou Wan, découvertes en 1968, recèlent des trésors de la période la plus faste de la dynastie Han. En tout, plus de 2800 objets funéraires, poteries, porcelaines et bronzes témoignent du développement de la métallurgie, du
textile et de l'artisanat de cette époque en Chine. Mais les pièces les plus étonnantes sont les habits de jade ou « cotte de jade » avec lesquels les défunts ont été ensevelis, plus de 2000 plaquettes de jade assemblées par des fils d’or. L’habit du prince est exposé au Musée Impérial du Palais de Pékin.
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